Bon Jovi s’offre un biopic signé Universal Pictures

août 3, 2026
Léna Roussel
Ecris par Léna Roussel

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Bon Jovi s’offre un biopic signé Universal Pictures

Vous connaissiez peut-être le riff de Livin’ on a Prayer par cœur sans jamais vous demander comment un adolescent du New Jersey, frustré au point de jeter sa guitare dans un escalier, était devenu l’une des plus grandes fortunes du rock mondial. C’est précisément cette trajectoire que Universal Pictures s’apprête à porter à l’écran : le studio américain vient de remporter, selon Deadline, la bataille d’enchères pour produire le biopic officiel de Bon Jovi. Un projet qui associe le groupe lui-même, via un accès total à son catalogue musical, à une équipe de production déjà rodée aux récits de gloire américaine. Rien que de très logique, au fond, pour une industrie qui a fait du mythe personnel sa matière première la plus rentable.


Universal Pictures remporte la bataille des studios

Plusieurs studios s’étaient positionnés sur le dossier, précise Les Inrocks : la compétition, dit-on, fut vive. C’est finalement Universal Pictures qui l’a emporté, fort d’un savoir-faire déjà démontré sur le terrain du biopic musical — le studio avait notamment produit 8 Mile, consacré à Eminem, référence souvent citée quand il s’agit de juger de la crédibilité d’un projet de ce genre.

L’accord prévoit la participation active de Jon Bon Jovi lui-même, ainsi qu’un accès intégral au répertoire du groupe. Une garantie de taille pour un film qui devra faire résonner des titres comme Livin’ on a Prayer, Always ou It’s My Life — sans quoi l’exercice tournerait vite à la pantomime silencieuse.

📌 À retenir : Universal a remporté une bataille d’enchères pour produire le biopic Bon Jovi, avec l’implication personnelle du chanteur et l’accès complet à son catalogue musical.

Qui est aux commandes du projet ?

La question du scénario n’a rien d’anecdotique dans ce genre d’entreprise, où l’on transforme quarante ans de vie en deux heures de salle obscure. C’est Cody Brotter qui en a la charge : auteur du thriller Killing Satoshi et du scénario Drudge, remarqué sur la fameuse Black List qui recense chaque année les meilleurs scripts non produits d’Hollywood, il connaît l’art de tenir un récit en haleine.

Côté production, deux noms structurent le projet :

  • Kevin J. Walsh, producteur passé par Manchester by the Sea et The Instigators, habitué des drames à forte charge émotionnelle.
  • Gotham Chopra, dont la société Religion of Sports a déjà signé en 2024 la série documentaire Thank You, Goodnight: The Bon Jovi Story, diffusée sur Hulu à l’occasion des quarante ans du premier album éponyme du groupe, sorti le 21 janvier 1984 chez Polygram/Mercury Records.

Fait notable relevé par Rockmeeting : si Chopra a réalisé et produit ce documentaire en quatre parties, Jon Bon Jovi lui-même n’y figurait pas au générique en tant que producteur — une nuance qui distingue nettement cette précédente collaboration du biopic à venir, où le chanteur est cette fois pleinement partie prenante. La supervision du projet côté studio revient à Jacqueline Garell, directrice du développement de la production chez Universal.

Ni réalisateur ni distribution n’ont encore été annoncés. On imagine déjà les paris s’ouvrir sur qui incarnera le jeune Jon Bongiovi — car c’est bien sous ce nom qu’il faudra chercher les premières années du personnage.

Le jeune Bongiovi, ou la légende avant la légende

Il y a quelque chose de délicieusement banal dans l’origine des grandes épopées : avant de remplir des stades, Jon Bon Jovi — alors simplement Jon Bongiovi — était un adolescent du New Jersey exaspéré par ses propres progrès à la guitare, au point d’expédier l’instrument dans l’escalier du sous-sol familial, raconte le HuffPost. Sa mère, passionnée par les Beatles, lui avait pourtant transmis le virus tôt.

Le déclic viendra d’un concert de Bruce Springsteen, autre enfant du New Jersey : en le voyant sur scène, le jeune homme comprend soudain sa vocation. La guitare est réparée, les groupes de bar s’enchaînent, et pour se rapprocher du milieu, il décroche un poste au Power Station Studio de Manhattan, tenu par son cousin — balayant les sols en observant, entre deux sessions, un certain Aerosmith enregistrer. C’est là qu’il grave ses premières maquettes, malgré l’indifférence persistante des maisons de disques.

Cette matière biographique — l’échec initial, la révélation, l’obstination — est précisément le carburant narratif dont se nourrissent les meilleurs biopics musicaux. Reste à savoir jusqu’où le film ira dans cette histoire : selon Les Inrocks, le récit s’achèverait sur le succès du troisième album, Slippery When Wet (1986), quand Première évoque encore un flou sur le format retenu — chronique resserrée façon Springsteen: Deliver Me From Nowhere, ou fresque plus large à la Rocketman. Les sources, à ce stade, ne s’accordent pas totalement sur le point final du récit.

Une chronologie qui mérite d’être posée

Pour qui s’y perd dans les décennies, voici les jalons qui structurent l’histoire — et le projet qui s’y adosse aujourd’hui :

  • 1983 — Formation du groupe Bon Jovi dans le New Jersey.
  • 21 janvier 1984 — Sortie du premier album éponyme chez Polygram/Mercury Records.
  • 1986 — Sortie de Slippery When Wet, album qui propulse le groupe au rang de légende du rock stadium.
  • 1994 — Départ du bassiste Alec John Such.
  • 2013 — Départ du guitariste Richie Sambora, remplacé par Phil X lors d’une tournée.
  • 2022 — Décès d’Alec John Such.
  • 2024 — Diffusion sur Hulu de Thank You, Goodnight: The Bon Jovi Story, série documentaire signée Gotham Chopra pour les 40 ans du groupe.
  • 2026 — Résidence de neuf soirées au Madison Square Garden, avant une tournée européenne, selon Rockmeeting ; annonce du biopic produit par Universal Pictures.

Le groupe, aujourd’hui, ne se limite plus au noyau originel : autour de Jon Bon Jovi, David Bryan et Tico Torres, on trouve désormais le bassiste Hugh McDonald, le coproducteur John Shanks, le multi-instrumentiste Everett Bradley et le guitariste Phil X.

Un groupe qui a peu besoin de plaidoyer

« Le long métrage retracera la formation du groupe et son parcours vers la consécration mondiale et ses concerts de stade emblématiques », résume Deadline, cité par Les Inrocks — formule sèche qui dit assez bien l’ambition du studio.

Il faut dire que le matériau ne manque pas. Selon les chiffres relayés par Rockmeeting, Bon Jovi a vendu plus de 130 millions d’albums dans le monde, joué des milliers de concerts dans plus de 50 pays devant plus de 35 millions de spectateurs, et généré au cours de la dernière décennie des recettes de billetterie dépassant le milliard de dollars. Le groupe a par ailleurs été intronisé au Rock and Roll Hall of Fame ainsi qu’au Songwriters Hall of Fame — deux consécrations qui, dans le petit monde très codifié du rock américain, valent toutes les critiques élogieuses réunies.

On mesure, à l’aune de ces chiffres, pourquoi Hollywood n’a pas hésité longtemps.

Une stratégie de studio bien rodée

Ce n’est un secret pour personne : le biopic musical est devenu, pour les studios, une martingale presque aussi fiable que la suite de super-héros — sans les costumes en latex. Universal Pictures a déjà démontré son aisance sur ce terrain avec 8 Mile, consacré à Eminem, et s’apprête à sortir cette année Michael, portrait de Michael Jackson. Le studio a également bâti, plus largement, sa réputation sur des récits d’ascension populaire portés au grand écran — une recette qu’on retrouve chez la concurrence avec des projets comme le biopic des Beatles signé Sam Mendes, quatre films interconnectés développés pour Sony.

Dans un paysage cinématographique où l’on s’interroge par ailleurs sur la place que prendra l’intelligence artificielle générative dans le cinéma hollywoodien, le biopic musical fait figure de valeur refuge : une histoire vraie, un catalogue de tubes, un fan-club déjà acquis. Le pari est presque trop raisonnable pour être excitant — mais c’est précisément ce qui rassure les comptables des studios.

La démarche n’est pas non plus sans écho avec le travail de restauration mémorielle qu’on observe ailleurs dans l’industrie musicale, à l’image du récent concert inédit de George Michael restauré pour la tournée Faith : partout, l’époque semble éprouver le besoin de rejouer ses propres archives, comme pour s’assurer qu’elles ne s’effaceront pas. Et quand la disparition frappe, comme celle d’Alec John Such en 2022, les hommages se multiplient — un réflexe collectif qu’on a pu observer récemment, par exemple lorsque Joshua Jackson a rendu hommage à James Van Der Beek. Le biopic, en somme, n’est qu’une forme plus longue, plus lucrative, de ce même geste.

FAQ — Ce que l’on sait (et ne sait pas encore) sur le biopic Bon Jovi

Qui écrit le scénario du biopic Bon Jovi ?
Le scénario a été confié à Cody Brotter, auteur du thriller Killing Satoshi et du script Drudge, repéré sur la Black List hollywoodienne.

Qui produit le film ?
La production est assurée par Kevin J. Walsh (Manchester by the Sea, The Instigators) et Gotham Chopra, déjà réalisateur du documentaire Hulu Thank You, Goodnight: The Bon Jovi Story.

Un réalisateur ou des acteurs ont-ils été choisis ?
Non. À ce stade, ni réalisateur ni casting n’ont été annoncés par Universal Pictures.

Quelle période de la carrière du groupe sera racontée ?
Les sources divergent légèrement : le récit pourrait s’arrêter au succès de Slippery When Wet (1986), ou embrasser une trajectoire plus large jusqu’à la consécration en stade.

Le documentaire Hulu de 2024 est-il lié à ce nouveau film ?
Il partage un producteur, Gotham Chopra, mais il s’agit d’un projet distinct : Jon Bon Jovi n’était pas crédité comme producteur du documentaire, alors qu’il est directement impliqué dans le biopic.

Reste à écrire le dernier couplet

On ne sait pas encore qui prêtera ses traits au jeune Bongiovi jetant sa guitare dans l’escalier, ni si le film choisira la sobriété d’un instantané ou l’ampleur d’une fresque. Mais l’essentiel, pour l’instant, tient en une certitude tranquille : le mythe est en de bonnes mains, celles d’un studio qui sait compter les tubes autant que les entrées en salle. Reste à espérer que l’écran saura, lui aussi, tenir la note.