Municipales Saint-Étienne 2026 : Juanico en tête du sondage 42info, un présage confirmé par les urnes
Vous suivez la vie politique stéphanoise et le sondage participatif de 42info vous a peut-être surpris : Régis Juanico (PS) y apparaissait largement en tête avec 27 % des intentions de vote, devançant ses concurrents dans une ville que la droite tenait depuis des décennies. Ce que le sondage pressentait, les électeurs l’ont validé — et au-delà. Retour sur une photographie électorale qui, malgré ses limites méthodologiques, avait saisi quelque chose de réel dans l’air ligérien.
Pour comprendre qui pouvait légalement se porter candidat à ce scrutin, les règles détaillées sur les candidats élections municipales 2026 permettent de contextualiser l’offre politique stéphanoise.

Ce que le sondage 42info avait capté
Le sondage participatif de 42info, média local de référence sur la politique ligérienne, avait placé Régis Juanico en tête avec environ 27 % des intentions de vote. Un chiffre qui, rétrospectivement, s’est révélé presque prophétique : au premier tour du 15 mars 2026, l’ancien député socialiste a récolté 29,16 % des suffrages exprimés, soit 12 624 voix.
📌 À retenir : Le sondage 42info anticipait la dynamique Juanico avec une précision remarquable pour un outil participatif en ligne, sans prétendre à la rigueur d’un sondage scientifique.
La convergence entre le baromètre en ligne et le résultat réel ne doit pas masquer la nature de l’exercice : un sondage participatif mesure l’engagement militant autant que l’opinion générale. Les électeurs qui votent en ligne ne sont pas un échantillon représentatif de ceux qui glissent un bulletin dans l’urne un dimanche matin de mars.

Le classement complet des candidats au premier tour
Le scrutin du 15 mars a dessiné un paysage politique contrasté, où huit listes se disputaient les suffrages de 88 747 inscrits.
| Candidat | Nuance | Voix | % exprimés |
|---|---|---|---|
| Régis Juanico | Union de la gauche (LUG) | 12 624 | 29,16 % |
| Corentin Jousserand | Rassemblement national (LRN) | 8 212 | 18,97 % |
| Dino Cinieri | Divers droite (LUD) | 7 056 | 16,30 % |
| Valentine Mercier | La France Insoumise (LFI) | 5 755 | 13,29 % |
| Siham Labich | Divers centre (LDIV) | 4 051 | 9,36 % |
| Marc Chassaubène | Divers droite (LDVD) | 2 911 | 6,72 % |
| Éric Le Jaouen | Horizons (LDVC) | 2 136 | 4,93 % |
Source : Ministère de l’Intérieur, résultats officiels du 1er tour, 15 mars 2026.
Quatre listes franchissaient la barre des 10 % et se qualifiaient pour le second tour. Les trois autres — Siham Labich, Marc Chassaubène et Éric Le Jaouen — s’effaçaient, victimes d’un émiettement de l’offre centriste et de droite modérée qui allait mécaniquement profiter à Cinieri lors du second round.
La dynamique Juanico : une gauche unie face à une droite fragmentée
L’ancien député socialiste comme locomotive fédératrice
Régis Juanico n’est pas un inconnu de la scène stéphanoise. Ancien député de la Loire pendant quinze ans, il incarnait une gauche de gouvernement capable de dépasser les frontières partisanes. Sa liste "Rassembler Saint-Étienne" portait ce projet de coalition : rassembler les gauches sans pour autant fusionner avec Valentine Mercier et LFI, dont l’accord de second tour n’a finalement pas abouti.
Cette stratégie s’est avérée payante. Au second tour du 22 mars 2026, Juanico obtenait 44,13 % des suffrages — soit 19 493 voix — s’emparant de 43 sièges sur 59 au conseil municipal. Saint-Étienne basculait à gauche pour la première fois depuis 2014.
La montée en puissance du RN avec Jousserand
Corentin Jousserand représentait l’autre dynamique forte du scrutin. Avec 18,97 % au premier tour puis 26,68 % au second, le candidat RN confirmait l’implantation croissante du parti dans une ville marquée par la désindustrialisation et la paupérisation.
⚠️ Attention : La progression du RN à Saint-Étienne s’inscrit dans un contexte social documenté. Selon l’Insee, le taux de pauvreté dépasse 30 % chez les moins de 30 ans dans la ville. Le groupe Casino, fleuron de l’économie locale, avait subi un dépeçage douloureux en 2024.
Jousserand récoltait au second tour 8 sièges au conseil municipal et 6 au conseil communautaire — une présence significative dans l’opposition.
La résistance de la droite républicaine avec Cinieri
Dino Cinieri incarnait la droite républicaine traditionnelle, héritière d’une ville qui avait longtemps voté à droite ou au centre — à l’exception d’un maire communiste entre 1977 et 1983, et d’un socialiste entre 2008 et 2014. Avec 16,30 % au premier tour et 18,75 % au second (8 284 voix, 5 sièges), sa liste résistait mais ne parvint pas à fédérer les électorats centristes éclatés entre Labich, Chassaubène et Le Jaouen.
La fragmentation de la droite et du centre — trois listes pour des électorats proches — avait sans doute coûté cher à ce camp dans sa globalité.
L’effacement relatif de la gauche radicale
Valentine Mercier (LFI) terminait quatrième avec 13,29 % au premier tour et 10,44 % au second (4 610 voix, 3 sièges). L’absence d’accord de fusion avec Juanico lui avait coûté une partie de son électorat potentiel sans lui offrir de dynamique propre. La candidate obtenait tout de même une représentation au conseil municipal, ce qui n’est pas négligeable dans une ville où LFI cherche à s’ancrer dans le tissu local.
La question des ingérences et des menaces pesant sur les municipales 2026 avait d’ailleurs nourri la méfiance de certains électeurs envers les campagnes en ligne, renforçant la prudence avec laquelle il convient d’interpréter tout sondage participatif.
Les limites du sondage participatif : ce que 42info peut et ne peut pas dire
Un sondage en ligne participatif n’est pas un sondage au sens statistique du terme. Il ne repose pas sur un échantillon raisonné, stratifié, représentatif de la population inscrite sur les listes électorales stéphanoises.
Ce qu’il mesure effectivement :
- L’engagement des militants et sympathisants actifs sur les réseaux locaux
- La notoriété perçue d’un candidat dans les communautés numériques locales
- L’humeur dominante d’un lectorat précis, celui de 42info
Ce qu’il ne mesure pas :
- Le vote des personnes peu connectées ou peu politisées
- Les intentions des électeurs hésitants ou volatils
- Les reports de voix entre les tours
💡 Astuce : Pour lire un sondage participatif local, pensez-y comme à un thermomètre d’engagement militant plutôt qu’à une boussole électorale. Il dit quelque chose de vrai sur une partie de l’électorat — mais seulement une partie.
En l’espèce, la convergence entre le 27 % de 42info et le 29,16 % du premier tour officiel tient davantage de la bonne surprise que de la fiabilité méthodologique. Elle valide, a posteriori, une intuition : Juanico bénéficiait d’une mobilisation suffisamment large pour transcender le seul vivier militant en ligne.
Le contexte stéphanois : une ville en quête de page tournée
Il serait artificiel d’analyser ce scrutin sans évoquer le contexte qui le saturait : l’affaire Perdriau. L’ancien maire Gaël Perdriau, élu en 2020, avait été condamné pour chantage à la vidéo intime à l’encontre de son premier adjoint, refusant malgré tout de démissionner et faisant appel de sa peine de cinq ans de prison dont quatre ferme. Son successeur intérimaire, Jean-Pierre Berger, gérait la ville dans l’attente de cette élection.
Dans une cité de 175 000 habitants portant le double poids d’une crise politique et d’une paupérisation documentée, le vote pour Juanico avait des allures de vote de rupture autant que d’adhésion programmatique. Créer une nouvelle piscine, lancer une mutuelle communale : les propositions concrètes du candidat socialiste, soumises au jeu du "pour ou contre" par Le Progrès, dessinaient une politique du quotidien assumée.
Le résultat du second tour — 44,13 % pour Juanico, 26,68 % pour Jousserand — confirme que le sondage 42info avait bien identifié la bonne tendance. L’écart réel entre gauche socialiste et RN s’est creusé davantage encore que les projections participatives ne l’anticipaient.

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