Le remake américain de « The Gangster, The Cop, The Devil » avec James Wan

juillet 5, 2026
Léna Roussel
Ecris par Léna Roussel

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Le remake américain de The Gangster, The Cop, The Devil : James Wan aux commandes pour Paramount

Vous attendiez un grand thriller coréen traduit en langue hollywoodienne ? C’est désormais officiel. Paramount Pictures a annoncé en mars 2026 que James Wan dirigera le remake américain de The Gangster, The Cop, The Devil, le polar sud-coréen sorti en 2019 qui avait frappé les esprits lors de sa présentation au Festival de Cannes. La particularité de ce projet : Don Lee — alias Ma Dong-seok —, star charismatique du film original, reprendra son rôle à l’écran tout en endossant également la casquette de producteur.

Le remake The Gangster The Cop The Devil s’inscrit dans une tendance hollywoodienne bien établie : celle de recycler les pépites du cinéma asiatique en productions mainstream à vocation internationale. Certaines adaptations ont laissé des traces indélébiles dans l’histoire du cinéma — The Departed de Martin Scorsese n’était-il pas lui-même un remake d’Infernal Affairs, polar hongkongais de Andrew Lau et Alan Mak ?


Rappel : de quoi parle le film original de 2019 ?

The Gangster, The Cop, The Devil est un thriller criminel réalisé par Lee Won-tae, sorti en Corée du Sud en 2019. L’intrigue repose sur une alliance aussi improbable qu’explosive : un puissant chef de gang et un policier obstiné se retrouvent contraints de collaborer pour traquer le même tueur en série.

Le chef mafieux a une bonne raison d’en vouloir à ce meurtrier insaisissable : il a été sa première victime à survivre à une attaque. Cette survie miraculeuse, combinée à l’obstination du policier, donne naissance à une relation tendue, rythmée par des motivations radicalement opposées — vengeance personnelle d’un côté, impératif de justice de l’autre.

Le film avait été sélectionné à Cannes dans la section Midnight Screenings, ce qui lui avait offert une vitrine internationale rare pour une production coréenne de genre. Ma Dong-seok, physique imposant et charisme naturel, y incarnait le gangster avec une autorité qui avait marqué les spectateurs bien au-delà des frontières asiatiques.

James Wan : un réalisateur taillé pour ce genre

James Wan n’est pas un inconnu du cinéma de genre populaire. C’est lui qui a donné naissance à des franchises aussi rentables que Saw, Insidious et The Conjuring — autant de piliers du cinéma d’horreur contemporain. Il est également l’un des très rares cinéastes à avoir réalisé deux films dépassant chacun le milliard de dollars au box-office mondial : Furious 7 et Aquaman.

Son dernier passage derrière la caméra, Aquaman and the Lost Kingdom (2023), avait en revanche déçu commercialement. Ce retour au thriller criminel musclé semble donc constituer, pour lui, une manière de se repositionner sur un territoire où sa maîtrise du suspense et de l’action peut pleinement s’exprimer.

📌 À retenir : James Wan réalise et produit le film, via sa société Atomic Monster (désormais associée à Blumhouse Productions), en partenariat avec Michael Clear, son collaborateur de longue date.

Wan a également produit des projets comme M3GAN et Mortal Kombat, confirmant son rôle de figure centrale dans le cinéma de genre américain contemporain, aussi bien devant la caméra que derrière.

Don Lee : le passage de témoin d’une culture à l’autre

L’un des détails les plus inhabituels — et les plus enthousiasmants — de ce projet est le maintien de Don Lee dans le rôle principal. L’acteur coréen, connu internationalement sous le nom de Ma Dong-seok, reprend donc le personnage qu’il incarnait dans l’original tout en participant à la production via sa société Big Punch Global.

Cette décision rompt avec la logique habituelle des remakes hollywoodiens, qui tendent à remplacer intégralement le casting original par des stars américaines. Ici, la continuité humaine entre les deux versions est revendiquée. Don Lee apporte non seulement la mémoire du rôle, mais aussi une légitimité artistique que les fans du film coréen ne manqueront pas d’apprécier.

Un scénario à plusieurs mains : Helgeland, Hatten et l’ombre de Cannes

Brian Helgeland : le premier jet d’un scénariste oscarisé

Brian Helgeland a signé le brouillon initial du scénario. Ce n’est pas n’importe qui : il est l’auteur oscarisé de L.A. Confidential et de Mystic River, deux polars américains devenus des références absolues du genre. Sa capacité à travailler les dynamiques de pouvoir et de moralité ambiguë dans des environnements criminels en fait un choix logique pour ce type de matériau. Il reste attaché au projet en tant que producteur exécutif.

Shay Hatten : la plume de John Wick prend la relève

C’est finalement Shay Hatten qui écrira la version définitive du scénario. Hatten est notamment connu pour son travail sur la saga John Wick ainsi que sur les films Resident Evil et Rebel Moon. Son style — dialogues secs, action chorégraphiée, protagonistes au passé chargé — correspond particulièrement bien à l’univers du film original.

La combinaison Helgeland/Hatten représente une chaîne de transmission intéressante : la profondeur psychologique du premier au service de l’efficacité narrative du second.

Une production aux dimensions industrielles

Le tableau des producteurs donne une idée de l’ambition du projet :

Producteur / Société Rôle
James Wan & Michael Clear (Atomic Monster) Réalisateur et producteur principal
Don Lee (Big Punch Global) Acteur principal et coproducteur
Sylvester Stallone & D. Matt Geller (Balboa Productions) Producteurs associés
Chris Lee (B&C Group) Producteur associé
Jang Won-seok, CEO de BA Entertainment Producteur associé
Brian Helgeland Producteur exécutif

La présence de Sylvester Stallone via Balboa Productions ajoute une dimension symbolique non négligeable : l’acteur incarnant par excellence le héros américain musculeux et résilient s’associe à un projet dont le personnage central est un coréen au gabarit intimidant.

Hollywood et le cinéma asiatique : une histoire de séduction réciproque

L’adaptation hollywoodienne de films asiatiques suit une logique économique et artistique bien établie. Si certains remakes ont été des catastrophes critiques, d’autres ont su transcender leur source — Ring (2002) ou The Departed (2006) en attestent.

Le cinéma coréen, depuis la Palme d’or de Parasite en 2019, jouit d’un prestige mondial inédit. Hollywood a accéléré ses prospections dans ce sens, identifiant les thrillers et films de genre comme les plus facilement transposables culturellement.

💡 Astuce : Si vous souhaitez (re)voir l’original avant la sortie du remake, The Gangster, The Cop, The Devil est disponible sur plusieurs plateformes de streaming en version sous-titrée.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que la carrière de Don Lee illustre parfaitement ce phénomène de porosité entre cinémas est-asiatique et occidental — un parcours pas sans rappeler, toutes proportions gardées, celui d’actrices comme Jeane Manson, dont la carrière singulière a su traverser les frontières culturelles pour atterrir dans un pays qui n’était pas le sien.

Ce que l’on sait de la sortie

Selon AlloCiné, le film est actuellement annoncé pour 2028, avec une production américano-sud-coréenne. Le distributeur n’a pas encore été communiqué, pas plus que le budget officiel. Le projet en est à ce stade au stade du développement avancé de scénario.

⚠️ Attention : les informations de production peuvent évoluer rapidement dans ce type de projet. La date de 2028 reste indicative et sujette à modifications selon le calendrier de tournage effectif.

L’annonce a été relayée simultanément par Variety, Deadline et The Hollywood Reporter le 10 mars 2026, confirmant le sérieux et l’avancement du projet côté Paramount.

La question qui subsiste — et qui divisera sans doute les cinéphiles — est celle du degré d’américanisation du récit. Va-t-on vers une transposition fidèle à l’esprit coréen de l’original, ou vers un produit lissé pour le marché mondial ? La présence de Don Lee dans son rôle initial plaide pour la première hypothèse. Le pedigree de Shay Hatten, rompu aux blockbusters d’action calibrés, invite à nuancer cet optimisme.

Un film coréen adapté à Hollywood avec son acteur original, un réalisateur dont les franchises font trembler les box-offices, et un scénariste qui a mis du style dans les bullets de John Wick : le dossier est ouvert, le tournage à venir.